Lorsqu’on parle de peste, on pense tout de suite à la terrible pandémie de peste noire qui ravagea l’Europe au Moyen Âge. Elle est l’une des épidémies les plus meurtrières que l’humain ait connue, tuant entre 75 et 200 millions de personnes en moins de 10 ans. Ce n’est pourtant pas la première fois de l’histoire que cette maladie tue, loin s’en faut. Des traces bien plus anciennes de la bactérie ont été retrouvées, qui montrent que la maladie existe depuis plusieurs millénaires. La nouvelle étude, parue dans le magazine Nature, donne les preuves les plus anciennes jamais mises au jour.
C’est en pleine Sibérie, non loin du lac Baïkal, que les squelettes analysés ont été retrouvés. C’est sur base de l’analyse ADN des ossements que la présence de la peste a pu être repérée. Sur quatre cimetières retrouvés, les scientifiques ont déterminé que 39% des occupants étaient contaminés par la bactérie Yersinia pestis. Ce sont des petits groupements familiaux de chasseurs-cueilleurs qui ont été touchés par la maladie, qui n’était toutefois pas aussi virulente que ses formes plus tardives. Les membres de ces petites communautés se sont contaminés les uns les autres, entraînant une forte mortalité.
"Ces résultats montrent que les épidémies de peste sont survenues plus tôt qu’on ne le pensait et étaient effectivement mortelles", précise l’étude. La découverte change la perception que l’on avait jusqu’ici de la maladie, que l’on pensait ne pouvoir se répandre que dans de grandes populations avec un mode de vie sédentaire. Or, les restes sibériens datant d’il y a 5500 ans sont ceux de chasseurs-cueilleurs nomades vivant en petits groupes.






















